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🎙️ Interview: l'Atelier du Faing-Janel

Publié le 31/01/2025 Vu 1544 fois


Interview Magali Babel de l’Atelier du Faing-Janel – 25/01/25


Portfolio des créations de Magali Babel visible en cliquant sur "Télécharger"


Peux-tu nous expliquer la genèse de l’Atelier du Faing-Janel ?


Initialement, je ne pensais pas faire ce métier du tout. Tout a commencé à Noël 1999, lorsqu’on m’a offert une scie à chantourner. Je ne savais même pas ce que c’était et, au début, j’en avais peur. Curieuse, je me suis demandé comment cela fonctionnait. Damien m’a alors rapporté du bois d’emballage qu’il trouvait à l’usine où il travaillait, ainsi que du bois de cagettes. J’ai commencé par fabriquer de petits objets pour mes enfants. Je ne savais pas non plus peindre, alors j’ai acheté les trois couleurs primaires, du blanc et du noir, ainsi que mes premiers pinceaux, et j’ai expérimenté.

Mon entourage m’a encouragée en me passant mes premières commandes, puis d’autres personnes ont suivi, notamment pour des cadeaux de naissance. Aujourd’hui, la scie à chantourner et les pinceaux sont devenus des outils du quotidien, car ce qui relevait autrefois du rêve est désormais mon métier.


Qu'est-ce qu'on peut trouver dans ta boutique ?


En 25 ans, mon travail a exploré différentes directions, mais deux thèmes restent centraux : la nature et la féerie. C’est un univers essentiellement tourné vers les enfants.

Dans la catégorie "jeux", il ne s’agit pas de jouets traditionnels roulants ou mécaniques, mais plutôt de puzzles et de quelques jeux de société. Côté "décoration", je réalise des porte-manteaux, des toises, des veilleuses, des carillons… ainsi que de nombreux petits objets comme des porte-clés et des bijoux.

On retrouve aussi de la peinture animalière, comme cette mésange huppée peinte sur ardoise, juste derrière toi. Elle a été réalisée à partir d’une photo prise par ma fille Manon, juste au-dessus de chez nous. J’en ai créé une pour nous et d’autres exemplaires pour la boutique.

En parallèle, je travaille un peu les pigments, la teinture et la laine feutrée, avec des essais de tableaux et même des chaussons. Enfin, je réalise aussi des commandes qui me sortent de ma zone de confort et me poussent à explorer de nouveaux savoir-faire. J’aime ces défis !


Mésange huppée, sphaignes, lynx ou encore fourmis des bois… On peut voir nombre d’espèces sauvages sur tes confections. Pourquoi avoir apporté une vision naturaliste à ton travail ?


C’est un retour à ce que j’étais avant. Adolescente, mon passe-temps favori était d’arpenter la forêt avec un sac à dos, un carnet et un crayon, pour observer les oiseaux et repérer les traces dans la neige. Les animaux représentaient tout pour moi.

Même si mon parcours m’a menée ailleurs, y compris à peindre des sujets très différents à mes débuts, la vie m’a doucement ramenée à mes premières amours.


Les coccinelles sont omniprésentes dans ton travail, y a-t-il une anecdote derrière cette signature ?


Petite, chez mes parents, il y avait des fenêtres en bois ancien, avec des creux dans lesquels les coccinelles venaient hiverner. Aux premiers jours du printemps, elles émergeaient par dizaines. J’étais fascinée.

En parallèle, c’est un motif assez simple à dessiner, ce qui en a fait le sujet de mes toutes premières créations… et c’est resté ! Il y en a presque toujours une cachée dans mes réalisations.


Est-ce que tu peux nous parler d’un projet qui t'a marquée ?


L’une des commandes les plus marquantes pour moi a été celle de la fédération de pêche en 2012. Ils m’ont demandé de créer des puzzles représentant tous les poissons de nos cours d’eau à l’échelle réelle.

L’histoire est amusante : mon fils Lucien faisait alors son stage de troisième à la fédération. Pour les remercier, j’avais offert à son maître de stage de petits porte-clés en forme de truite. C’est ce qui lui a donné l’idée de me solliciter pour ce projet, auquel je ne m’attendais pas du tout !


Comment apportes-tu une dimension écologique à la conception de tes objets ?


Tout commence par le choix des matériaux. Je m’impose mon propre cahier des charges et privilégie les solutions locales et responsables.

🔹 Le bois : Il provient en grande partie de notre ferme ou est récupéré auprès de l’entourage lorsqu’un arbre tombe. Je n’achète ni ne coupe jamais de bois par nécessité, je saisis plutôt les opportunités.
🔹 Le vernis : J’utilise un vernis naturel, conforme aux normes jouet, fabriqué en Alsace.
🔹 La teinture : Elle est en partie réalisée à base de plantes récoltées sur place.

Bien sûr, certains matériaux viennent de plus loin, car il est parfois impossible de tout trouver localement.

Au-delà des matériaux, je veille à ce que mes confections aient aussi une dimension pédagogique. Par exemple, j’ai réalisé un puzzle en bois pour l’école de Tendon, où chaque pièce représente une feuille d’arbre local, découpée dans l’essence correspondante. J’aime penser que les enfants qui apprennent ainsi à reconnaître les arbres, avec du bois plutôt qu’un écran ou du plastique, développeront un lien plus fort avec la nature.


Quels sont tes projets Ă  venir ?


Il y en a tellement !

Récemment, on m’a confié une commande très spéciale : illustrer un conte sur la tourbière de la Bouyère (site Natura 2000, Jussarupt). Intitulé "La Couverture Magique", ce conte met en scène des sphaignes et même un Grand Tétras, dans le but de sensibiliser à la préservation des tourbières.


OĂą peut-on retrouver ton travail ?


📍 À l’Atelier du Faing-Janel (88460 Tendon)
🌿 Au marché bio de Tendon, tous les samedis matin de 10h à 12h
🎉 Sur des événements ponctuels : marché du 14 juillet, Fête de la Bio, Relanges Bio, les Biojours…
đź’» En ligne :

  • Sur ma page Facebook
  • Dans ma boutique sur Un Grand MarchĂ© (cliquer sur "lien" pour y accĂ©der)
  • Sur mon blog (pas toujours Ă  jour, je l’avoue !)

Merci à Magali Babel de nous avoir accordé de son temps pour cette chouette interview !


đź“© Contact : latelierdufaingjanel@gmail.com


Salutations naturalistes,



L’équipe du GTV

Auteur : Gatien CHARBONNIER