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Jonathan Rebouillat, ce naturaliste et origamiste à découvrir !

Publié le 31/05/2024 Vu 1296 fois

Jonathan nous a stupéfait par la création de ce Coq de papier ! L’artiste pyrénéen nous raconte...


Jonathan nous a stupéfait par la création de ce Coq de papier ! L’artiste pyrénéen nous raconte...



D’où t’es venu l’idée de créer un Tétras ? Qu’est-ce que ce galliforme représente pour toi ?


« Je crois que c’est un animal qui me fascinait avant que j’ai la chance d’en apercevoir un grâce à un ami qui m’a amené sur une place de chant, ici dans le Pyrénées. C’est cette rencontre qui m’a donné l’élan et l’envie de faire cet origami, c’est de le voir en vrai, c’est souvent ça quand même qui est le moteur de mes créations. Et ce matin là on a eu la chance de voir 2-3 mâles et 2 poules et c’était magique. Ce que j’aime particulièrement chez cet oiseau c’est le fait qu’il habite ces forêts de façon particulière, qu’il soit comme venu d’ un autre temps, qu’il ait cette grâce, cette aura incroyable quand il parade on se sent très petit, il est maître des lieux. Je crois aussi que cet oiseau est emblématique de la préservation des vieilles forêts, des forêts de mousses, qui sont vivantes et vierges d’un surplus d’activités humaines.

Et puis après avoir fait cette origami j’ai été bouleversé par le livre « l’Oiseau forêt » de Michel Munier. J’admirais déjà le travail du fils Munier et là de découvrir l’humilité de son père, de plonger dans tant d’années d’observations ça m’a bouleversé. C’est beau de pouvoir être en lien avec la sagesse de quelqu’un qui a vécu autant, attendu autant. J’aime vraiment cet état d’attente, de méditation, de patience. Quand je me déplace, je fais tout à vélo, j’essaye de vraiment prendre le temps de vivre les choses et je crois que le Tétras a cet aspect là où il faut venir s’installer la veille, se mettre dans cet état de paix et d’humilité afin de pouvoir avoir la chance de l’observer sans le déranger. »


Sur le plan technique peux-tu nous en dire plus sur le temps passé, les matériaux utilisés ?


« Sur le plan technique je pars d’un carré de papier d’un côté noir et de l’autre côté blanc et c’est par le pliage que les couleurs arrivent au bon endroit. Ça c’est la difficulté de l’origami en plus du fait que tu ne puisses pas découper ou coller. Dans ce cas là, pour le Grand tétras l’essentiel c’est d’avoir le bec blanc, c’est tel que moi j’ai voulu le représenter en tout cas.


Il est difficile pour moi d’estimer le temps passé car il y a tout le temps où je ne plie pas mais où l’origami fait un chemin à l’intérieur de moi. Donc il y a le temps de l’observation, précieux et indispensable, le temps où cette émotion de l’observation va mûrir en moi puis le temps ou mes mains vont prendre un bout de papier pour essayer de traduire cette émotion.


Et pour le Grand tétras, il est arrivé en Suisse : j’étais allé faire un grand gypaète en origami dans un musée à Neuchâtel, puis une fois fini je me suis dis « j’ai un peu de temps, je vais tenter de faire le Grand tétras ». Il me semble qu’au bout de 2 ou 3 essais j’avais l’idée principale donc les plis pour faire la queue surtout et puis ensuite la silhouette qui pouvait faire le reste de l’oiseau puisque finalement je commence toujours par ce qui est le plus important, et donc là j’ai commencé par la queue. Pour conclure ce tétras est arrivé assez vite mais après un temps de maturation. »


Comment te définis tu ?


« Je suis passionné de vie sauvage, amoureux d’observations, d’attente, de patience… je ne cherche pas à faire plein de voyages pour voir plein d’espèces différentes et faire plein d’origamis différents. Je suis amoureux par exemple, par ici, surtout des Gypaètes et donc je vais toutes les saisons suivre la nidification et j’y monte toutes les deux semaines et ce sont des fois mes seules sorties, je ne cherche pas à aller voir forcément une nouvelle espèce. Je suis passionné par la répétition, par l’approfondissement, l’envie de découvrir des nouveaux comportements que je n’ai jamais vu, ressentir une proximité avec des êtres particuliers parce que ces Gypaètes, finalement, ils sont des êtres à part entière et je m’attache à ce Gypaète en particulier, ce jeune que je vois grandir et que j’espère voir s’envoler devant moi.


Je me définis donc comme un passionné de nature qui ensuite décide de transmettre son émotion en essayant de faire des pliages qui soient minimalistes pour garder juste l’essentiel, juste ce qu’il nous reste vraiment de ces rencontres. »


Vas-tu exposer prochainement ? As-tu d’autres projets en tête ?


« Oui, je serai cet automne au festival de Ménigoutte du 29 octobre au 3 novembre, au Festiwild dans la Drôme mais aussi au festival Pyrénicimes du 26 novembre au 1edécembre à côté de Toulouse. Enfin, je vais être amené à venir dans les Vosges puisqu’on travaille avec Kobalann à l’édition d’un livre sur les origamis qu’on espère sortir en 2025. »


Vous pouvez retrouver l’univers de Jonathan en cliquant sur « Lien »


Auteur : Gatien CHARBONNIER